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La Malaisie - la côte Est du Nord au Sud

Une traversée du nord au sud, longeant la côte est, s’attachant particulièrement à cette population islamique du nord-est (Kota Baru), s’ennivrant de fonds marins fabuleux sur les îles Perhentian


Pour des raisons différentes, nous vivions une sensation identique à celle que nous avions déjà vécue en quittant le Laos - c’était là une sensation pour le moins rassurante. Si la Malaisie diffère radicalement de par sa population, ses religions, sa situation géographique, son histoire, son développement économique, nous manifestions un sentiment semblable à celui que nous avions connu et regrettions presque déjà de la quitter.

Privilégiant le moindre échange culturel, son attachante population a conquis notre coeur. On l’a sitôt quittée, que l’on se prend à regretter l’intelligence de cette population malaise, fière de ses traditions, de son histoire. De plus, l’environnement hétérogène que cette contrée propose, tant par ses religions que par sa nature, offre au voyageur une expérience inoubliable.

Coup de coeur : l’Etat du Kelantan (nord-est). On dit que le plus bel Islam du monde y est pratiqué. Notre expérience ne peut le contredire.

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Le 13 juin 2000, Kota Baru

A cinquante mètres de la frontière malaise, nous ne pouvons que constater la différence de développement entre les deux pays. Le poste frontalier en est la manifestation flagrante. Beaux bâtiments bien compartimentés, bonne structure administrative,... la Thaïlande est maintenant bien derrière nous.

Cependant nous regrettons presque la TAT (Tourist Authority of Thailand). Ici, nous ne savons où nous diriger. Il semble que le manque de voyageur soit à l’origine d’une organisation touristique quasi-inexistante.

Nous parvenons tant bien que mal à attraper un bus pour Kota Baru. A peine montés, nous sommes étonnés de voir qu’une trentaine d’yeux sont fixes sur nous. Situation paradoxale et inexplicable, à la fois une impression de déjà vécue mêlée à une sensation nouvelle jamais éprouvée. Nous sommes en pays musulman. Le port du voile est peut-être à l’origine de ce sentiment confus.

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Arrivés à Kota Baru, nous trouvons difficilement une guest house, aux prestations honorables, tenue par une anglaise convertie par obligation maritale. Aussi, fait surprenant, un certain nombre d’occidentaux semblent avoir élu domicile dans cette ville. Nous pourrions mettre celà sur le dos d’un colonialisme anglais antérieur. D’ailleurs, nous constatons avec plaisir qu’une majorité de malais, si ce n’est tous, parlent l’anglais.

Balade dans la ville, nous observons des mosquées, le palais du sultan, une ville décorée avec goût.

Le soir, nous errons dans le "night food stalls". Nous découvrons une bonne quantité de plats malais. La nourriture semble ici plus grasse, plus sucrée. En témoigne un grand nombre de pâtisserie. La corpulence de la population en est une conséquence notable.

Le coucher du soleil approche. Nous sommes assis à une table dégustant un poulet curry et un rôti canai (sorte de crêpe au sucre). Nous avons plaisir à manger tranquillement cette nourriture bien grasse avec les mains !!! Ici, apparemment les couverts n’existent pas ! Soudain, une sirène retentit, s’apparentant au son qui annonce l’approche d’une guerre dans notre pays. Affolés, nous regardons la réaction des gens. Dans le plus grand calme, les uns quittent les tables, les autres rangent les stands, nous nous retrouvons bien seuls dans ce marché bien vide. Un garde passe, nous demande de quitter les lieux.

Il s’agit de l’habituel appel à la prière !

La vie reprend son cours quelques dizaines de minutes plus tard.

Le 14 juin 2000, Kota Baru

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La journée débute de bonne heure. A nouveau, une musique retentit, à nouveau l’appel à la prière. Nous savons ainsi que le soleil va se lever. Ah ! Les p... d’hauts parleurs ! Nous écoutons forcés la prière "mélodique". Suivront les coqs. Bref, nous restons éveillés pendant plus d’une demi-heure.

Petit déjeuner copieux dans une pâtisserie à la propreté impeccable. Les musulmanes sont là pour nous servir. Une femme, non voilée, passe, fait les comptes, donne des directives, s’en va. Le restaurant est indéniablement chinois. Nos lectures avaient déjà confirmé ces faits. Les chinois détiennent les richesses alors qu’ils sont en minorité. Ceci ne semble pas, à première vue, engendrer de malaise racial ni même de tension religieuse.

Nous passons le reste de la journée à visiter les fabriques de cerfs-volants, dont ceux de la région sont les plus populaires du pays, ainsi que quelques magasins de batiks (tissus imprimés). De toute évidence, le goût vestimentaire n’est pas une de leur qualité première. Nous savons néanmoins que les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Et la méthode de fabrication, que nous avions déjà observée en Thaïlande, reste cependant intéressante. Elle consiste à dessiner des contours à la cire, à peindre les motifs ainsi constitués et à détacher la première en plongeant le tissu dans l’eau bouillante. Les batiks ainsi obtenus, sont très colorés, ont pour principal motif des fleurs de la jungle centrale.

Le 15 juin 2000, Kota Baru

Petit déjeuner local. Enfin ! Le premier ! Nous avons cherché longtemps un "rôti canai" (crêpe épaisse à déguster avec du curry).

La vie est très animée. Dans les rues, musiques, passants, marchands rendent la vie agréable.

Au programme aujourd’hui : un musée relatant l’histoire de la région, présentant son artisanat,... Tout aurait été parfait si un "snake show" n’avait pas investi le musée. Hier déjà, l’anniversaire du Sultan occasionnait sa fermeture. Demain, vendredi, jour férié, il en sera de même. Bref, l’idée de le visiter nous abandonne. Il est un fait que les festivités sont en grand nombre dans le pays : trois nouvel ans, anniversaires,... Nous devrons donc faire avec et revoir notre planning en fonction.

Le 16 juin 2000, Kota Baru

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Vendredi, début du week-end musulman. La ville se repose. Nous profitons de l’animation du quartier chinois pour se restaurer.

Encore une fois, un malais vient à nous. Dans le pays, les gens ont plaisir à discuter avec les étrangers. A l’inverse de la Thaïlande, il n’y a aucun intérêt financier à cela, mais plutôt un intérêt culturel. Ce besoin d’établir un contact, nous ne le comprenons guère encore. Nous sommes pris à notre propre jeu. Par exemple, hier, une fille souhaitait que l’on apparaisse sur sa photo, et aujourd’hui, on nous a photographié librement, à notre insu. A ce propos, les musulmanes de ce pays ne semblent pas souffrir d’une quelconque dépendance ; elles travaillent, conduisent, sont libre d’agir comme bon leur semble sans qu’un accord marital ne leur soit donné. Nos préjugés liés à l’Islam (son extrémisme en particulier) sont en passe de s’effacer.

Visite de Pantai Dasar Sabak, une ville de pêcheurs à une dizaine de kilomètres au nord de Kota Baru. L’activité côtière est réduite à néant, jour saint oblige. La plage est dans un état de désolation extrême, semble avoir essuyé une tempête terrible, une montée des eaux hors du commun. Les arbres sont couchés, quelques animaux sont morts sur les rivages.

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Le 17 juin 2000, Kota Baru

Nous avions attendu impatiemment cette journée. C’est sûrement la raison principale de notre séjour prolongé. Le centre culturel ouvre aujourd’hui ses portes. Quelques activités traditionnelles s’y déroulent. Entre autres : des arts martiaux, des jeux de toupie, dont l’adresse - si l’on considère que leur poids dépasse les 6 kilos - est surprenante, l’art de fabriquer des cerfs-volants, des danses et des chansons traditionnelles.

Le 18 juin 2000, Perhentian Islands

De nouveau, nous embarquons pour un petit paradis oriental, dans la mer de Chine Méridionale : Pulau Perhentian Kecil. Apparence plus sauvage, moins idyllique que Koh Pee Pee au premier abord. Notre oeil est maintenant exercé à ce genre de spectacle naturel : palmiers, sable blanc, eaux transparentes... Pourtant, c’est un spectacle magique que nous offre les fonds marins : poissons arc en ciel, tigres, tâchetés, transparents, tous plus colorés les uns que les autres, coraux aux formes et aux teintes hallucinantes. Nous sentons là l’ivresse des profondeurs. Difficile de quitter un tel paradis maritime !

Le 19 juin 2000, Perhentian Islands

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Visite de l’île. Traversée de la jungle obligatoire. En route vers d’autres plages, nous apercevons des varans. Patauds à première vue, ils évoluent avec habileté lorsqu’ils nous repèrent s’approchant.

Pour la suite, la journée ressemble à la précédente. Pourtant, nous ne nous lassons pas des ballets aquatiques. La beauté des fonds marins nous émerveille toujours autant. Un petit désespoir néanmoins, nous cherchons en vain la présence d’une tortue. Demain, un bateau nous permettra, nous l’espérons, de satisfaire cette volonté. Nous irons également à la rencontre de requins. Pour l’heure, nous en dégustons un : suc-cul-lent !

Note : une réalité prend forme aujourd’hui. Nous n’avons pas pris de douche chaude depuis Vientiane, il y a un mois et demi, nous ne nous sommes pas vu dans un miroir depuis notre arrivée en Malaisie. Cette situation ne risque pas de changer de sitôt.

Le 20 juin 2000, Perhentian Islands

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Volonté satisfaite. Notre tour en bateau a exaucé tous nos souhaits. Une première plongée, et déjà, nous apercevons un requin - ce sera le seul de la journée - et devrons nous considérer comme chanceux. Ce prédateur, mystérieux, discret, majestueux, sait se fondre dans le décor. Il évolue essentiellement en eaux troubles, entre les rochers. La vision soudaine de ce chasseur ne se fera pas sans occasionner quelques troubles cardiaques. Nous savons néanmoins qu’ils sont inoffensifs, mais restent effrayants.

La magie de notre seconde rencontre est indescriptible. Une tortue, dont la corpulence nous impressionne, nage à un mètre en dessous de nous. D’ailleurs, nous ne vérifions pas l’allusion de La Fontaine quant à la lenteur de cet animal. Bien que munis de palmes, c’est difficilement que nous la suivons. Telle une goutte d’eau dans l’air, elle se déplace harmonieusement. Nous sommes littéralement sous le charme.

Le 21 juin 2000, Kuala Terengganu

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Nous reprenons la route pour Kuala Terengganu. Nous trouvons difficilement un logement mais récoltons les fruits de notre dure labeur en savourant délicieusement une douche chaude. En comparaison avec Perhentian Island, nous avons l’impression que la chambre présente un confort inestimable. Bref, nous sommes ravis.

Ce soir, nous nous remémorons les savoureux fruit shake que nous dégustions sur l’île. Depuis le Laos maintenant, nous avons pris l’habitude d’en consommer régulièrement pour leur pouvoir rafraîchissant et revitalisant. Cette recette, si elle n’est pas existante en France, est résolument à importer. C’est donc logiquement qu’après un commerce de tissus laotiens, nous rêvons à un possible "fruit shake stall".

Le 22 juin 2000, Kuala Terengganu

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Journée chargée aujourd’hui : balade dans la rue commerçante chinoise, visite du temple, retour a l’atmosphère musulmane avec le Central Market, découverte de Pulau Duyung Besar et de sa fabrique de bateaux. Retour express à l’hôtel. Départ pour Marang. Recherche d’un logement (toujours aussi difficile). Visite du village de pêcheurs. Toutes ces précipitations n’ont que pour unique but de rallier l’Indonésie à la mi-juillet.

Note : quelques règles de politesse à respecter dans le pays : ne pas éternuer à table, manger avec la main droite, l’autre servant au nettoyage des parties intimes (eh oui ! papier toilette indisponible !).

Note : la femme occidentale est un animal dont on scrute le moindre mouvement. Pupilles dilatées, regard insistant, on suit cette dernière, dévisagée et gênée. Ce comportement malais est d’autant plus flagrant que nous sommes dans un village. Le hic, c’est que nous ne savons à quoi s’en tenir. Nous n’arrivons pas à cerner ces observateurs. Peut-être s’agit-il de satisfaire des frustrations engendrée par la religion ? Les femmes ici, sont en effet voilée, leur tenue vestimentaire ne mettent pas en valeur leurs atouts féminins, alors... Au moins, en Thaïlande, on sentait un regard curieux, admiratif (devant la blancheur de notre peau).

Le 23 juin 2000, Marang

DEJA TROIS MOIS ! ! !

Excursion à Kapas Island. L’île se présente plus sauvage, moins habitée que celle de Perhentian. Prometteur par cette apparence charmante, nous restons déçus par les fonds marins. Ceux de Perhentian prennent toute leur magnificence. Nous prenons conscience de la chance d’avoir mis les pieds dans un tel environnement maritime, en espérant qu’il soit préservé dans le futur.

De retour sur Marang, nous finissons par nous accoutumer à la nourriture locale. Ici, matin, midi et soir, les villageois mangent du rôti canai. Nous prenons exemple.

Le 24 juin 2000, Cherating

Direction Cherating, ville de baba-cool. C’est à se demander si la religion y est respectée. A en juger par la quantité d’alcool disponible, la réponse est déjà formulée. Enfin, nous voila dans une ville conçue de toute pièce pour nous autres vacanciers. Guest House, restaurants, bars, commerces se succèdent harmonieusement. Par ici, la plage, par là, la rivière et là, la forêt tropicale.

Les seuls intérêts qui nous poussent à rester dans ce lieu de détente sont la ponte des tortues (en espérant avoir la chance de la voir) et l’excursion du lac Chini.

Note : ce soir discussion intéressante avec un malais. Il tente de nous convaincre de goûter le durian. Ce fruit que nous avons déjà vu sur les marchés thaïlandais et laotiens répand, lorsqu’on l’ouvre, une odeur insupportable. Pourtant, sa chair serait des plus tendres gustativement. Il faudra bien qu’on s’y risque !

Note : où que nous nous trouvions, les malais ont plaisir à nous faire découvrir leur nation, qu’il s’agisse de nous présenter ses avantages naturels sur des livres, ou de nous inviter à déguster leurs plats locaux. Ils sont curieux de connaître nos mœurs, nos façons de vivre,... Si, en Thaïlande, le tourisme est avant tout un apport financier, il semble, ici, privilégier un apport culturel. Nous sommes pour eux une source de renseignements et réciproquement. Beaucoup de malais n’ont pas voyagé et connaissent tant de choses sur notre pays.

Le 25 juin 2000, Kuantan

Départ pour Kuantan. La capitale provinciale prend l’apparence d’une ville thaïlandaise. Ce n’est pas là le fait d’une vague d’immigration mais plutôt celui d’une vie islamique effacée. Les marchés ambulants tels que nous en avons vu à Kota Barhu, par exemple, ont laissé la place aux bâtisses commerciales. L’appel à la prière se fait plus discret (nous ne l’entendons d’ailleurs plus). Dans la ville, indiens et chinois paraissent majoritaires en nombre, nous le constatons tout du moins dans les commerces que nous visitons.

Apparté : distinction Malais / Malaisiens. Le terme malais concerne tous les gens qui sont d’origine malaise. Tous les malais sont musulmans. Le terme malaisien désigne, quant a lui, les populations de nationalité malaisienne. Tous les peuples immigrés, récemment ou non, sont donc concernés (chinois, indiens,...). Les malaisiens peuvent adopter n’importe quelle religion. Ainsi, les chinois peuvent tout aussi bien être bouddhistes, catholiques, hindouistes ou musulmans.

Le 26 juin 2000, Pekan

Toujours le même constat. L’inorganisation touristique qui nous avait frappé au début nous touche à nouveau. Sitôt arrivés à Pekan, nous apprenons qu’il nous faudra faire demi-tour pour Kuantan afin de réserver nos places dans le bus pour Johore Barhu alors que ce dernier passe dans la ville où nous nous trouvons. Incroyable mais vrai !

Le 27 juin 2000, Kuantan

Aujourd’hui, un musée sans grand intérêt dévoile les objets de différents sultans. Nous pouvons constater qu’ils mangent avec des fourchettes ! Encore plus intéressant, ils utilisent des parapluies ! Enfin bref, si ce n’est la collection de kriss (couteaux malais), nous ne sommes guère emballés.

Nous nous dépêchons de prendre le bus pour Tasik Chini (Lac Chini). La journée précédente ne nous a pas servi de leçon. Bloqués dans une ville, nous n’avons pas de solution de transport bon marché pour se rendre au lac. Un attrape-nigaud de plus !

Nous repartons donc dans la soirée à Kuantan et réserverons notre place pour Singapour demain.


La suite : Singapour - la ville, l’île de Sentosa


Publié le mardi 27 juin 2000, par Eric Cuziat

 


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